Google App Engine et la sedimentation
Il y a peu de chances que des visiteurs viennent des moteurs de recherche avec un titre pareil! Bref. La sédimentation, c’est pour moi le fait que, dans l’industrie technologique, l’innovation -et donc la création de valeur- semble résider dans la construction d’une couche d’abstraction supplémentaire au dessus de l’existant, pour se rapprocher du client. Pour moi, Google App Engine, c’est une nouvelle couche posée sur une pile qui a commence a grimper!
Prenons l’exemple de la mise a disposition de données sur Internet.
- Le tout premier échelon, pour moi, c’est ce qu’on appelle un data-center. En gros, c’est un bâtiment dans lequel se trouve toute l’infrastructure technique nécessaire a nourrir des serveurs : électricité et câblage réseau. Un exemple, c’est TelecityGroup, ou, plus proche de moi : 365 Main Street. si vous voulez, vous pouvez acheter un serveur, l’amener chez votre datacenter le plus proche, l’installer et le faire tourner : pas simple, mais vous maitrisez la machine : ses connections, sa configuration technique et logicielle!
- La dessus, se sont crées les hebergeurs, qui eux, achètent des dizaines de serveurs et s’occupent d’aller les brancher dans les data-centers. Ils s’occupent même en général de faire une configuration physique et logicielle “de base”, comme Sivit, ou Joyent. C’est un peu plus simple : vous pouvez rester chez vous, même si vous avez dans la pratique, perdu beaucoup d’options de paramétrage de votre serveur… en général l’hebergeur vous laisse la possibilité de rajouter de la RAM, ou de changer le disque, mais pour le reste, faut pas compter!
- La troisième étape, c’est Amazon EC2 qui en est le symbole : c’est la virtualisation de serveur (cloud computing en Anglais). Physiquement, votre serveur n’existe plus! Vous n’avez donc plus de problématique de type “physique” : panne de disque dur, problèmes de branchements (si je vous jure, ca arrive chez Sivit!). Vous avez une machine virtuelle, plus besoin d’aucune compétence “physique” puisque votre serveur n’existe pas. Vous pouvez/devez encore configurer les logiciels sur votre serveur physique : quel OS, quel systeme de base de donnees? Apache, Mongrel?
- La dernière étape -en date-, c’est Google App Engine : vous n’avez même plus de serveur, même virtuel, et donc, même plus de gestion des logiciels installes pour faire fonctionner votre site web. Le principe, c’est de confier a Google le “code” de votre site web, et l’infrastructure de Google s’occupe de tout le reste…
On voit aussi cet sédimentation dans les business model : dans le premier cas, le client paye l’électricité et le m2 occupe, dans le second, il paye le serveur et la maintenance, dans le troisième, il paye la durée d’utilisation de ce serveur, et dans le dernier, il ne paye que le temps de calcul! Comme vous le voyez les couts sont de moins en fixes.
Une des conséquences de cette sédimentation, c’est qu’un client est aussi de moins en moins “maitre” de l’infrastructure qui se trouve en dessous de lui, c’est pourquoi, plus un client est “gros”, plus il aura tendance a essayer de “descendre” dans l’infrastructure. Yahoo possede ses propres data-centers, Jobetudiant.net ne possede -pour l’instant- que ses propres serveurs, Notifixio.us ne possede que ces propres instances chez Amazon!
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Contrôle vs Facilité
Diversité vs Flexibilité
La contre-partie souvent obligatoire de ces environnements packagés, c’est, comme tu le mentionnes, la perte de contrôle sur les briques technologiques, voire, comme dans le cas de la dernière strate en date ( Google App Engine ), une forte contrainte sur ces dernières ( Django + une version de python assez gainée, DB Google ). On sait que Google a la puissance de feu nécessaire pour susciter l’adhésion de beaucoup à Google App Engine, du particulier à peut-être un jour un éditeur de logiciel mode hosted ( si ce n’est pas déjà fait ), et sa doter d’une main mise supplémentaire sur non plus seulement le contenu du net, mais également une partie de son infrastructure logicielle ( + de son infrastructure tout court avec des cablages en cours + l’acquisition progressive des solutions d’énergie solaire en Amérique du Nord + … ).
Un trust rondement mené…slightly scary though…
Cheers !
Hello Nicolas,
Comme tu le dis, Google fait un pas significatif vers une domination encore plus forte du web. D’ailleurs, il est interessant de voir que la stratégie de Google, pour moi, c’est de devenir “synonyme” de web. Cela implique nécessairement une présence dans tous les domaines, du webmastering, à la recherche… La mission de Google, c’est avant tout de monétiser le web!
Tres belle metaphore Julien. La nouvelle couche de sedimentation a la Google a le merite de faciliter l entreprenariat en limitant les couts de depart d’ infrastructures des start ups, mais ne penses-tu pas qu’elle peut representer un frein (ou un controle) a l expansion, notamment avec les limites technologiques (BigTable par exemple) imposees a une entreprise qui “wants out”?
Kevin : c’est certain, il y a un frein énorme à utiliser les technologies de Google, c’est pourquoi je pense que l’adoption ne sera pas aussi large que pour EC2, et surtout pas par les mêmes acteurs.
L’expérience montre qu’EC2 est finalement plus utilisé par les grands groupes que par le start-ups elles mêmes. Et je suis certain que parmi elle, c’est surtout celle qui ont de “grosses ambitions” qui rejoignent EC2.
App Engine s’adresse plus selon moi aux très petites/simples applications qui puevent avoir un “volume” énorme, je pense en particulier aux applications Facebook ou MySpace. L’avenir dira qui utilise AppEngine!